Article écrit par Darmon Patricia
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, alors que les États Unis furent les précurseurs du changement à tous les niveaux, et notamment , la musique , avec le rock , le blues et tous les dérivés qui s’exporteront par la suite vers l’Europe à la fin des années 50, et particulièrement en France, où jusqu’ici, les jeunes se nourrissaient de musiques tirées de l’opérette et de chansons réalistes qu’affectionnaient nos parents et nos grands-parents ........
La génération du baby boom Européen issue de l’après-guerre, adopta très rapidement ce renouveau musical considéré comme totalement révolutionnaire , qui séduisit tous les ados de 12 à 18 ans et même au delà, puisque la majorité à l’époque était à 21ans...
Ce ne fut pas le cas pour le nouveau cinéma qui naquit en France et en Italie, et qui s’exportera vers l’Amérique .
En effet, le renouveau cinématographique viendra de la France et de l’Italie avec "la nouvelle vague" et le "néo réalisme" . L’Amérique ne connaitra sa révolution cinématographique qu’à la fin des années 60, et plus exactement entre 1967 et 1970 , pendant une guerre du Vietnam qui n’en finissait pas et un Hollywood traditionnel arrivé à bout de souffle avec la disparition successive des derniers grands nababs de ce cinéma , et des monstres sacrés qui avaient contribué à perpétrer l’image de "l’usine à rêves"...
En France, "La nouvelle vague" balaye "le cinéma de Papa" pour faire place à une nouvelle génération d’acteurs, réalisateurs et auteurs... Jean Luc Godard, Claude Chabrol, François Truffaut, Louis Malle, PierreGaspard Huit, Roger Vadim et plus tard, Claude Lelouch etc... chacun lança son style comme Godard qui dépeignait un quotidien très éloigné du cinéma traditionnel ,censé faire rêver ou prendre conscience d’un fait historique , et laissait libre court à l’improvisation des acteurs... D’ailleurs chacun imposa un nouvel acteur ou une nouvelle actrice, comme Alain Delon, Jean Paul Belmondo , Jean Pierre Cassel, Jean Claude Brialy, Maurice Ronet, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Mireille Darc.... et surtout notre mythe Français Brigitte Bardot qui fut révélée au grand public dans un film aussi révolutionnaire que scandaleux pour l’époque " Et Dieu créa la Femme", réalisé par Roger Vadim, son mari d’alors et pygmalion dans lequel pour la première fois, on dévoilait le corps d’une femme, et on la voyait se déhancher de manière très suggestive .
Ce film déclencha l’ire d’une grande partie de la France Gaullienne conservatrice, et il fut interdit aux moins de 18 ans à sa sortie ....
Claude Lelouch dans un autre genre, fut également le précurseur d’une nouvelle forme de mise en scène et de sa manière bien particulière de filmer ses acteurs. Son plan panoramique sur la plage de Deauville autour deJean Louis Trintignant et d’Annouk Aimée dans le film "un homme et une femme" fit le tour du monde, et beaucoup s’en inspirèrent par la suite...
Bien entendu, à côté de cette nouvelle vague, demeuraient des réalisateurs et des acteurs traditionnels comme Denys de la Pâtelière , Henri Verneuil, Jean Pierre Melville,André Hunnebelle , qui savaient associer intelligemment, la nouvelle et l’ancienne génération dans des films snobés à leur sortie par une critique subjective et enscencés aujourd’hui jusqu’à en devenir cultes .

Notons" Un singe en hiver" ou "Mélodie en sous-sol"d’Henri Verneuil qui réunissait Jean Gabin monstre sacré du cinéma traditionnel avec la nouvelle génération montante Belmondo et Delon
René Clément fut également un grand réalisateur, il participa à la réalisation de la coproduction internationale, " le jour le plus long" qui relatait le débarquement en Normandie des troupes alliées .

Il commit également entre autres le film "Plein Soleil" qui fut récemment réadapté par Hollywood sous le titre de "Mr Ripley"...
À cette époque, il y eu un enchanteur , magnifique créateur de comédies musicales filmées comme Jacques Demy qui connut un succès mondial parce qu’il nous transportait dans un monde merveilleux avec des chefs-d’oeuvre, comme "Les Parapluies de Cherbourg" ou "Les demoiselles de Rochefort"...
LE CINÉMA DES SIXTIES...Part 1En Italie, les studios de Cinecittà n’avaient rien à envier aux studios d’Hollywood , puisque les Américains y vinrent pour y tourner leurs peplums , un nouveau genre cinématographique apparu autour des années 50 .
De nombreux réalisateurs prestigieux débutèrent à l’aube des années 60, Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni , Federico Fellini, Roberto Rossellini...
Visconti, issu de l’aristocratie Italienne , mais néanmoins sympathisant communiste,signa de nombreuses fresques comme "Le Guépard" , alors que Fellini, sans doute le réalisateur le plus onirique de son époque, lui, dépeignait au travers de ses fantasmes, une société décadente avec "La Dolce Vita" et plus tard "Roma" qui déclencha le scandale parce que le délire de ce génie avait atteint là les limites du paroxysme ....
Marcello Mastroïani, Sophia Loren, Giulietta Massina, Gian Maria Volonte et bien d’autres se révèlèrent comme les nouveaux géants du cinéma Italien , détronant alors , Vittorio de Sica , Gina Lolobridgida ...
De nombreux autres pays Européens connurent également un renouveau cinématographique avec entre autres , Bunuel , Bergman ....
A suivre...